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Gestion

Devis au garage : les mentions obligatoires à ne pas oublier

Par Nordine Boumezaar · 6 juillet 2026

Un devis bancal peut coûter cher

Le devis n'est pas qu'un document commercial. En France, c'est un acte juridique encadré par le Code de la consommation et par l'arrêté du 27 mars 1987 relatif à l'information du consommateur sur les prix dans les garages. Un devis incomplet, mal daté ou dépourvu de certaines mentions expose le professionnel à plusieurs risques : refus de paiement du client, mise en cause en litige, voire sanction administrative de la DGCCRF.

Pourtant, dans l'atelier, on n'a pas toujours le temps — ni la formation juridique — pour vérifier chaque ligne avant de remettre le document au client. Cette check-list est là pour ça.

Avertissement : cet article est informatif. Pour toute situation spécifique à votre activité, rapprochez-vous de votre expert-comptable ou de votre conseil juridique.

Ce que dit la loi

Deux textes principaux s'appliquent aux garages automobiles :

Ces textes prévoient que le professionnel est tenu de remettre un devis écrit avant toute intervention, dès lors que le client le demande ou que le coût estimé des travaux dépasse un seuil fixé par arrêté. Ce seuil peut évoluer : vérifiez sa valeur actualisée sur le site de la DGCCRF ou auprès de votre expert-comptable.

Les mentions obligatoires : la check-list complète

1. L'identité du professionnel

Nom ou raison sociale, adresse complète du garage, numéro de SIREN, et si vous êtes assujetti à la TVA, votre numéro de TVA intracommunautaire. Ces informations permettent au client d'identifier sans ambiguïté la partie contractante. L'absence de SIREN sur un document commercial est une infraction au décret du 19 décembre 1983 — les grandes flottes et les plateformes de facturation le vérifient systématiquement.

2. L'identité du client

Nom, prénom (ou raison sociale pour un client professionnel), adresse de facturation. En cas de litige, l'identification des deux parties est indispensable pour que le devis ait valeur contractuelle.

3. La date d'établissement et la durée de validité

Le devis doit indiquer la date à laquelle il a été émis. Sans date, impossible de déterminer si l'acceptation est encore dans la période valable. La durée de validité — souvent fixée à 30 jours, parfois plus courte selon les fluctuations des prix des pièces — doit figurer explicitement. Passé ce délai, les prix indiqués ne vous engagent plus.

4. L'identification du véhicule

Marque, modèle, immatriculation, numéro de châssis (VIN) si pertinent, et kilométrage relevé au moment de la prise en charge. Cette mention est essentielle pour prouver que le devis porte bien sur le véhicule du client et non sur un autre.

5. La désignation précise des prestations

Chaque opération doit être décrite de façon suffisamment claire pour que le client comprenne ce qui va être réalisé. "Entretien moteur" ne suffit pas. "Vidange + remplacement filtre à huile + contrôle visuel 22 points" est acceptable. La précision protège le garage autant que le client.

6. Les pièces détachées : désignation, référence, origine et prix unitaire

Pour chaque pièce prévue, le devis doit mentionner la désignation, la référence, le prix unitaire HT, et — point renforcé depuis la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (loi AGEC) — l'origine de la pièce : neuve constructeur, pièce équivalente de qualité (MRA), ou pièce de réemploi issue du démontage. Le client doit être en mesure de choisir entre ces catégories.

7. Le taux horaire de main-d'œuvre

L'arrêté du 27 mars 1987 impose l'affichage du taux horaire en atelier. Ce taux doit figurer sur le devis, accompagné du nombre d'heures estimées par opération. C'est l'un des éléments les plus contrôlés lors des enquêtes de la DGCCRF dans les garages. Un forfait global "400 € main-d'œuvre" sans décomposition horaire ne respecte pas cette obligation.

8. Les prix HT, le taux de TVA et le prix TTC

Décomposez clairement : prix HT des pièces, prix HT de la main-d'œuvre, taux de TVA applicable (20 % en règle générale pour la réparation automobile, mais vérifiez les cas particuliers avec votre comptable), et total TTC. Les particuliers raisonnent en TTC — un devis qui n'affiche que les montants HT génère des malentendus systématiques à la remise de facture.

9. La mention "devis gratuit" ou "devis payant"

Si l'établissement du devis est payant — notamment lorsqu'il nécessite un diagnostic poussé ou un démontage partiel du véhicule — ce coût doit être indiqué clairement et accepté par le client avant toute intervention. Si le devis est gratuit, indiquez-le également : c'est une mention de réassurance qui lève les réticences du consommateur à l'amener en atelier.

10. Les conditions d'acceptation

Le devis doit prévoir un espace pour la signature du client avec la mention "Bon pour accord" et la date de signature. Sans cette acceptation formelle, vous ne disposez pas d'un acte contractuel opposable. Ne démarrez jamais une réparation sans bon de commande signé.

11. Le sort des pièces remplacées

Le client a le droit de demander la restitution des pièces remplacées (article L224-57 du Code de la consommation). Le devis ou le bon de commande doit prévoir la case permettant d'exercer ou de renoncer à ce droit. Son absence est un motif de sanction lors d'un contrôle.

12. Les délais de réalisation

Date ou délai estimé pour la restitution du véhicule. En cas de dépassement significatif, le professionnel doit en informer le client et obtenir son accord. L'absence de délai mentionné affaiblit considérablement votre position en cas de contestation.

Les pièges les plus fréquents en atelier

En cas de litige, le devis est votre première ligne de défense

Un devis complet, daté et signé des deux parties est votre meilleure protection. Si toutes les mentions sont présentes, que le client a signé le bon pour accord, et que vous avez respecté le devis — ou émis un avenant pour chaque dépassement — votre position est solide devant le tribunal de proximité ou en médiation.

En l'absence de devis écrit ou en présence d'une mention manquante, les juridictions donnent fréquemment raison au consommateur. La DGCCRF effectue par ailleurs des enquêtes régulières dans les garages : en cas de manquement constaté, les sanctions vont de l'injonction de mise en conformité à l'amende administrative.

GarageCompta : des devis conformes sans effort supplémentaire

Mémoriser douze mentions obligatoires tout en gérant l'accueil, l'atelier et les commandes de pièces, c'est une charge mentale qui ne devrait pas peser sur le professionnel. GarageCompta — le logiciel de gestion édité par AFP®, marque déposée — génère des devis qui intègrent par défaut toutes les mentions exigées par le Code de la consommation et par l'arrêté du 27 mars 1987.

Résultat : chaque devis remis au client est conforme. Pas de case oubliée, pas de litige sur un HT/TTC mal présenté, pas de remarque DGCCRF sur un taux horaire absent.

Et parce que la réforme de la facturation électronique s'appliquera progressivement à partir de 2026-2027, GarageCompta produit déjà des factures au format Factur-X EN 16931, conformes aux exigences de l'administration fiscale. Vous serez prêt sans changer de logiciel.

Disclaimer : cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou comptable. Les textes cités sont ceux en vigueur à la date de publication. Rapprochez-vous de votre expert-comptable ou de votre conseil pour toute situation spécifique à votre activité.

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